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TDPM : traitement, symptômes et soutien
Tout savoir sur le trouble dysphorique prémenstruel

Points importants à retenir
Le TDPM est une forme grave du SPM qui provoque des troubles de l’humeur intenses et peut perturber la vie professionnelle, scolaire, relationnelle et les activités quotidiennes
Les symptômes apparaissent généralement pendant la phase lutéale — une à deux semaines avant les règles — et s’atténuent en quelques jours après le début des règles
Le suivi quotidien de vos symptômes pendant au moins deux cycles menstruels peut aider à confirmer un diagnostic de TDPM, et plusieurs traitements sont disponibles pour aider à gérer ces symptômes
Suivez votre humeur, vos changements physiques et d’autres détails liés à votre cycle dans l’
application Clue afin de mieux comprendre vos schémas et de vous préparer à en discuter avec votre professionnel de santé
Qu’est-ce que le TDPM ?
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme grave du syndrome prémenstruel (SPM) (1). Outre les symptômes du SPM — tels que les maux de tête, la sensibilité des seins et les ballonnements —, les personnes atteintes de TDPM présentent des symptômes affectifs intenses (2). Les symptômes du TDPM apparaissent souvent environ une à deux semaines avant les règles, pendant la phase lutéale (1). Il s’agit de la partie du cycle menstruel qui commence après la libération d’un ovule par un ovaire (ovulation) et se termine au début des règles suivantes (3).
Ces symptômes peuvent perturber le travail, les études, les relations et les activités quotidiennes (3). Ils s’atténuent généralement en l’espace de quelques jours après le début des règles et s’allègent, voire disparaissent, au cours de la semaine suivante (4).
La cause exacte du TDPM n’est pas encore entièrement élucidée. Cependant, des recherches suggèrent que le cerveau pourrait réagir différemment aux variations normales des hormones progestérone et œstrogène au cours du cycle menstruel (5).
Qui est concerné par le TDPM ?
On estime que 1,6 % (environ 1 femme sur 60) des femmes et des personnes ayant des cycles menstruels sont atteintes du TDPM (6). Cette estimation repose sur des études ayant confirmé cette affection grâce à un suivi quotidien des symptômes.
D’autres études ont fait état de taux pouvant atteindre 7,7 % (environ 1 personne sur 13), mais ces estimations incluaient des cas potentiels qui n’avaient pas été confirmés par un suivi (6). Le TDPM peut également passer inaperçu, de sorte que sa prévalence exacte reste difficile à déterminer (6).
Toute personne ayant des ovulations peut être atteinte du TDPM, y compris les femmes, les hommes transgenres et les personnes non binaires (7).
Les chercheurs ne comprennent pas encore parfaitement pourquoi certaines personnes développent le TDPM, mais quelques facteurs semblent être associés à cette affection (3). Il s’agit notamment :
Des antécédents familiaux et de la génétique
Le fait d’avoir un proche parent atteint du TDPM ou présentant des symptômes prémenstruels sévères peut augmenter le risque de développer cette affection (3). Les recherches suggèrent que la génétique pourrait jouer un rôle, mais aucun gène en particulier n’a été identifié comme responsable du TDPM (3).
Dépression ou anxiété
Les personnes présentant des antécédents actuels ou passés de dépression ou d’anxiété sont plus susceptibles de souffrir également du TDPM, bien que les chercheurs s’efforcent encore de comprendre pleinement ce lien (8,9). Chez les personnes présentant à la fois un TDPM et un trouble anxieux, les symptômes thymiques peuvent persister après le début des règles (8). Dans le cas d’un TDPM isolé, les symptômes s’atténuent généralement en l’espace de quelques jours après le début des règles (4).
Traumatisme
Des antécédents de traumatisme, notamment des maltraitances subies pendant l’enfance, ont été associés au TDPM (10). Les chercheurs pensent que cela pourrait s’expliquer en partie par le fait que le traumatisme peut également augmenter le risque de dépression, qui est elle-même liée au TDPM (10). Toutefois, ces résultats ne prouvent pas que le traumatisme soit directement à l’origine du TDPM (10).
Stress élevé
Les personnes atteintes de TDPM ont tendance à présenter des niveaux de stress plus élevés que celles qui n’en souffrent pas, en particulier pendant la phase lutéale (11). On ne sait pas encore clairement si le stress aggrave les symptômes du TDPM, si le TDPM rend le stress plus difficile à gérer, ou les deux (11).
Tabagisme
Des recherches ont mis en évidence un lien entre le tabagisme et un risque accru de développer un TDPM (12). Mais on ne sait pas clairement si le tabagisme contribue au TDPM ou si d’autres facteurs permettent d’expliquer ce lien (12).
Ces facteurs sont associés à un risque accru de développer un TDPM, mais le fait d’en présenter un ou plusieurs ne signifie pas que vous développerez nécessairement cette affection.
Quels sont les symptômes du TDPM ?
Le TDPM peut entraîner des symptômes émotionnels, comportementaux et physiques, qui varient d’une personne à l’autre (13). Les symptômes du TDPM sont classés en catégories et comprennent (13) :
Symptômes liés à l’humeur
De fortes sautes d’humeur, une tristesse ou une tendance à pleurer soudaine, ou une sensibilité accrue au rejet
Une irritabilité ou une colère intense, ou davantage de conflits avec les autres
Se sentir très déprimée, désespérée ou critique envers soi-même
Une anxiété ou une tension intense, ou se sentir à fleur de peau
Autres symptômes
Perte d’intérêt pour le travail, les études, les loisirs, les amis ou d’autres activités habituelles
Difficultés de concentration
Manque d’énergie ou fatigue extrême
Modifications de l’appétit, suralimentation ou fringales
Dormir beaucoup plus que d’habitude ou avoir des troubles du sommeil
Se sentir submergée ou hors de contrôle
Symptômes physiques, tels que sensibilité ou gonflement des seins, douleurs articulaires ou musculaires, ballonnements ou prise de poids
Certaines personnes atteintes de TDPM ont également des pensées suicidaires (14).Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous craignez de vous faire du mal, contactez une ligne d’écoute ou les services d’urgence.
Comment le TDPM est-il diagnostiqué ?
Un professionnel de santé pose le diagnostic de TDPM en tenant compte de vos symptômes, de leur timing et de leur impact sur vous (4). Il peut également examiner vos antécédents médicaux, votre santé mentale et vos traitements médicamenteux afin d’écarter d’autres causes possibles (4). Les professionnels de santé s’appuient souvent sur les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition, version révisée (DSM-5-TR) pour diagnostiquer le TDPM (4,13).Ces critères comprennent (4,13) :
Moment : Les symptômes doivent être présents au cours de la dernière semaine précédant vos règles, commencer à s’atténuer quelques jours après le début de celles-ci et s’atténuer ou disparaître au cours de la semaine suivante. Ce schéma doit se reproduire au cours de la plupart des cycles menstruels de l’année écoulée.
Nombre et type de symptômes : Vous devez présenter au moins 5 des 11 catégories de symptômes possibles du TDPM. Au moins l’un d’entre eux doit être un symptôme principal lié à l’humeur, et au moins un doit provenir de la liste des symptômes supplémentaires.
Impact sur votre vie : Les symptômes doivent causer une détresse importante ou perturber votre travail, vos études, vos relations ou vos activités sociales. Un simple inconfort léger ne répond pas à ces critères.
Exclusion d’autres causes : Votre professionnel de santé vérifiera si une autre affection, un médicament ou une substance pourrait expliquer vos symptômes. Il examinera également si une affection existante, telle que la dépression ou l’anxiété, s’aggrave avant vos règles. Ce phénomène est appelé exacerbation prémenstruelle et se distingue du TDPM, bien que ce dernier puisse coexister avec une autre affection.
Suivi quotidien des symptômes : Pour confirmer le diagnostic, vous devez noter vos symptômes chaque jour pendant au moins deux cycles menstruels symptomatiques. Un professionnel de santé peut poser un diagnostic provisoire avant la fin du suivi et vous recommander de prolonger celui-ci si le schéma reste peu clair.
Pour comprendre comment obtenir un diagnostic de TDPM, il faut commencer par noter vos symptômes quotidiennement (4).
Notez la date de début et de fin de vos règles, tous vos symptômes émotionnels et physiques, leur intensité, ainsi que leur impact sur vos relations et vos activités.Poursuivez ce suivi même les jours où vos symptômes sont légers ou absents. Cela aidera votre professionnel de santé à déterminer si vos symptômes suivent le schéma caractéristique du TDPM (4).
Comment vous préparer à votre consultation chez votre professionnel de santé
Commencez par consulter un médecin traitant, un médecin généraliste ou un gynécologue (15). Celui-ci pourra entamer l’évaluation et vous orienter vers d’autres spécialistes, tels qu’un professionnel de la santé mentale si nécessaire (16). La prise en charge du TDPM peut faire intervenir des professionnels de santé issus de plusieurs spécialités (16).
Comme les symptômes du TDPM varient au gré du cycle menstruel, il peut être difficile de se souvenir ou d’expliquer exactement quand ils surviennent et quelle est leur intensité (4). Un suivi quotidien vous fournit un historique auquel vous pourrez vous référer lors de votre consultation médicale.
Il peut également vous sembler difficile de parler de changements d’humeur intenses ou de demander à être évaluée pour un TDPM (15). Vous préparer à la consultation peut vous aider à exposer vos préoccupations plus clairement. Avant votre consultation médicale :
Préparez des exemples. Expliquez en quoi vos symptômes affectent votre travail, vos études, vos relations, votre sommeil ou votre capacité à mener à bien vos activités quotidiennes.
Rassemblez vos documents. Utilisez vos notes ou les données de suivi de Clue pour vous aider à décrire quand les symptômes apparaissent, quand ils s’atténuent et quelle est leur intensité. Vous pouvez également dresser la liste de vos médicaments et de vos antécédents médicaux.
Notez vos questions. Vous pourriez demander si vos symptômes pourraient correspondre à un TDPM, si une autre pathologie pourrait les expliquer et quelles sont les prochaines étapes.
Envisagez de vous faire accompagner. Une amie ou un proche en qui vous avez confiance peut vous apporter un soutien émotionnel, prendre des notes et vous aider à vous souvenir de ce qui a été abordé. Avec votre autorisation, cette personne pourra également décrire les changements qu’elle a remarqués.Au cours de la consultation, exprimez clairement votre principale préoccupation. Vous pourriez dire :
« Mes troubles de l’humeur s’aggravent considérablement avant mes règles. Ils perturbent ma vie quotidienne et j’aimerais passer un examen pour dépister un TDPM. »
Il est également important de trouver un professionnel de santé qui soit à l’écoute de vos préoccupations et qui collabore avec vous pour trouver des réponses. Si vous vous sentez ignorée ou si vous avez des doutes quant au plan de prise en charge, défendez vos intérêts, demandez des explications plus claires, sollicitez une orientation vers un spécialiste ou demandez un deuxième avis.
Quels sont les traitements disponibles pour le TDPM ?
Plusieurs traitements peuvent aider à prendre en charge les symptômes du TDPM. La meilleure approche dépend de vos symptômes, de vos antécédents médicaux, de vos besoins en matière de contraception et de vos projets de grossesse.Certaines personnes tirent profit d’une association de médicaments, d’une thérapie et d’habitudes de vie favorables (17).Les options thérapeutiques du TDPM comprennent (17) :
Antidépresseurs pour le TDPM
Il s’agit généralement d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) (17). Ils sont considérés comme un traitement de première intention pour les symptômes liés à l’humeur (17).
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
Elle peut vous aider à développer des stratégies pour gérer les pensées difficiles, les émotions, le stress et l’impact du TDPM sur votre qualité de vie (4).
Pilules contraceptives hormonales
Des recherches suggèrent que certaines pilules contraceptives hormonales destinées au TDPM contenant de la drospirénone pourraient contribuer à réduire les symptômes chez certaines personnes (17).
Habitudes favorables
La pratique régulière d’une activité physique, notamment le yoga, qui peut aider à soulager les symptômes du syndrome prémenstruel, un sommeil régulier et des pratiques de gestion du stress peuvent favoriser le bien-être général et aider certaines personnes à gérer leurs symptômes (18).Les données scientifiques étayant ces approches sont plus limitées que celles concernant les traitements de première intention, tels que les ISRS.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Des médicaments tels que l’ibuprofène peuvent contribuer à soulager les douleurs prémenstruelles et d’autres symptômes physiques, mais ils ne traitent pas les symptômes thymiques fondamentaux du TDPM (19).
Agonistes de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) : ceux-ci bloquent temporairement l’ovulation et les variations hormonales ovariennes (17).Comme ils peuvent provoquer des symptômes similaires à ceux de la ménopause ainsi que d’autres effets secondaires, les spécialistes réservent généralement cette option aux symptômes sévères qui ne se sont pas améliorés avec d’autres traitements (17,20).
Vous envisagez des options hormonales pour vous aider à gérer votre cycle ? Lisez notre guide détaillé sur l’impact de la contraception hormonale sur le TDPM et le SPM.
Utiliser Clue pour suivre les symptômes du TDPM
Utiliser l’application Clue pour suivre les symptômes du TDPM peut vous aider à observer l’évolution de vos sensations tout au long de votre cycle (21).
Effectuez un suivi quotidien pendant au moins deux cycles menstruels, y compris les jours où les symptômes sont légers ou absents. Cela permet de constituer un historique plus complet et peut faciliter l’identification des schémas récurrents ainsi que leur discussion avec votre professionnel de santé (22).
Ce suivi peut également vous aider à anticiper le moment où les symptômes sont susceptibles d’apparaître, afin que vous puissiez vous organiser en matière de travail, de responsabilités quotidiennes, de soins personnels et de soutien supplémentaire.
Avec Clue Plus, vous pouvez obtenir des informations plus détaillées sur votre cycle. Cette version propose des fonctionnalités supplémentaires telles que des prévisions, l’analyse des tendances, des notes quotidiennes et des balises personnalisées qui peuvent vous aider à mieux comprendre comment votre humeur, votre sommeil, votre niveau d’énergie et vos symptômes physiques évoluent tout au long de votre cycle.
FAQs
En combien de temps les antidépresseurs agissent-ils dans le cas du TDPM ?
Les ISRS, les antidépresseurs les plus couramment utilisés pour le TDPM, peuvent soulager les symptômes plus rapidement qu’ils ne le font généralement lorsqu’ils sont utilisés pour traiter la dépression (23,24). Une amélioration peut se manifester en quelques jours (23). Dans une petite étude, les symptômes ont commencé à s’atténuer en quelques heures, la majeure partie de la réponse intervenant en l’espace de deux jours (24). La rapidité d’action du traitement varie d’une personne à l’autre.
Puis-je prendre des ISRS uniquement pendant la phase lutéale ?
Oui. Un professionnel de santé peut vous prescrire un ISRS à prendre uniquement pendant la phase lutéale. Cela signifie généralement de commencer aux alentours de l’ovulation ou environ deux semaines avant vos règles prévues, et d’arrêter dès le début des saignements (23). Des recherches montrent que la prise d’ISRS aussi bien pendant la phase lutéale que quotidiennement peut réduire les symptômes du TDPM (23,25). Le schéma thérapeutique le mieux adapté dépend de vos symptômes, de vos autres problèmes de santé, des effets indésirables potentiels et de vos préférences personnelles.
La contraception permet-elle de faire disparaître les symptômes du TDPM ?
Certaines pilules contraceptives peuvent soulager les symptômes du TDPM, mais elles ne sont pas efficaces chez toutes les femmes (17). La pilule pour laquelle les données scientifiques sont les plus solides associe la drospirénone et l’éthinylestradiol et comprend 24 comprimés actifs suivis de quatre comprimés inactifs (17). Un professionnel de santé peut vous aider à évaluer les bénéfices et les effets indésirables potentiels.
Comment éviter les symptômes de sevrage lors de l’arrêt du traitement ?
Lorsque vous prenez un ISRS quotidiennement, n’arrêtez pas brusquement le traitement et ne modifiez pas la posologie, sauf si votre professionnel de santé vous le recommande (26). Votre professionnel de santé peut vous aider à réduire progressivement la posologie, ce qui permet de diminuer le risque de symptômes de sevrage (27).
Les personnes qui ne prennent un ISRS que pendant la phase lutéale arrêtent généralement le traitement au début de leurs règles, et les études n’ont pas mis en évidence de symptômes de sevrage significatifs à court terme avec ce schéma thérapeutique (23). Contactez votre professionnel de santé si vous présentez de nouveaux symptômes après avoir réduit la posologie ou arrêté votre traitement.
