photo d'une femme stressée tenant sa tête

Phot: Franz Grünewald. Direction Artistique: Marta Pucci

Émotions

Le stress et le cycle menstruel

*Traduction: Caroline Bocquet

Tout le monde ressent le stress, et pour la plupart d’entre nous, ce n'est pas une expérience agréable. Le stress n'est pas mauvais en soi, mais les recherches suggèrent que selon le type de facteur de stress (c'est-à-dire la raison du stress) et le moment où il se présente, il peut avoir des effets sur le cycle menstruel.

Qu'est-ce que le stress ?

Le stress est une réaction psychologique et physiologique normale aux changements dans l'environnement d'une personne, qu'ils soient émotionnels, physiques, sociaux ou culturels (1, 2).

Les activités qui augmentent les niveaux de stress, comme l'exercice et la participation volontaire à des activités sociales, peuvent en fait avoir des effets positifs sur la santé d'une personne sur le long terme (3-6).

Cependant, lorsque la plupart des individus parlent de stress, ils font généralement référence à des formes de stress chroniques et/ou négatives, comme le fait d'être trop sollicité·e à l'école/au travail ou de souffrir du décès d'un être cher (1, 7). Les personnes souffrant de stress chronique peuvent se sentir incapables de gérer les tâches de la vie quotidienne, avoir un contrôle limité ou inexistant sur le court de leur vie ou s'agacer et se mettre en colère rapidement (1). Ce type de stress chronique peut affecter négativement la santé, à court et à long terme (7-9).

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Les relations biologiques entre le stress et le système reproducteur

Le stress active une voie hormonale dans le corps, connue sous le nom d'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) (10). L'activation de cet axe est associée à des niveaux élevés de cortisol et de l'hormone corticolibérine (CRH) (10). L'axe HPA, le cortisol et la CRH agissent pour contrôler la réponse au stress dans l'organisme (10). La CRH et le cortisol peuvent interrompre la sécrétion d'hormones reproductrices, entraînant potentiellement une ovulation anormale, une anovulation (c'est-à-dire un arrêt de l'ovulation) ou une aménorrhée (c'est-à-dire l'absence de menstruation) (11, 13). De plus, des niveaux anormaux de CRH dans les tissus reproducteurs ont été associés à des évolutions négatives de la grossesse, comme l'accouchement prématuré (11).

Les recherches sur le stress et le cycle menstruel

Un lien a été établi entre le stress causé par des événements extrêmes ou traumatiques et des changements significatifs dans la menstruation normale (11). Dans des rapports médicaux et épidémiologiques, les guerres, les famines et les séparations familiales ont été liées de manière anecdotique à des aménorrhées (14-16). Si ces études et rapports de cas sont éclairants, ils ne font pas état de rigueur scientifique ; d'autres facteurs associés, comme la malnutrition, qui survient souvent pendant les guerres ou d'autres événements tragiques, ne peuvent être exclus. Les abus physiques, émotionnels et sexuels ont été associés au développement du syndrome prémenstruel (SPM) (17) et du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) (18). Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) a également été associé au trouble dysphorique prémenstruel (19).

Le stress de la vie quotidienne peut également affecter la durée de votre cycle.

Une étude sur le stress chez les infirmières a montré un lien entre un niveau de stress élevé et une anovulation et un cycle plus longs (20), bien que ces résultats puissent être en partie expliqués par les quarts de travail en rotation (le travail de nuit), qui sont courants chez les infirmières (21). On observe chez les personnes dont l'emploi est particulièrement stressant des cycles, à l’inverse, plus courts (22).Les résultats de ces études peuvent différer car les niveaux de stress des participant•e•s ne sont pas forcément les mêmes. L'organisme des personnes pourraient réagir différemment en fonction du niveau et de la durée de l'exposition au stress. Par exemple, une étude a montré que les personnes en périménopause (à l'approche de la ménopause) particulièrement stressée n'étaient pas plus susceptibles d'avoir des cycles modifiés que les personnes ne l'étant pas particulièrement après un an. Toutefois, un stress élevé était lié à des cycles menstruels plus courts après deux ans (23), ce qui indiquerait que les symptômes peuvent ne pas se présenter immédiatement.

Les douleurs menstruelles ont également été associées au stress.

La dysménorrhée (c'est-à-dire les menstruations douloureuses) a été observé chez des personnes occupant un emploi peu contrôlés, peu sûrs et dans lequel elles sont peu soutenues par leurs collègues (24). Le stress ressenti au cours du mois précédent peut aussi affecter la fréquence de la dysménorrhée (25). Ainsi, une personne peut ne pas avoir de menstruations douloureuses liées au stress jusqu'au mois suivant. Les personnes ayant des antécédents de dysménorrhée peuvent être plus susceptibles de ressentir ce phénomène (25). De même, les personnes stressées plus tôt dans leur cycle étaient plus susceptibles de signaler des symptômes sévères avant et pendant les menstruations (26).

Comme on l'a vu précédemment, les méfaits du stress peuvent être en partie influencé par le moment auquel il survient. Un stress plus élevé signalé pendant la phase folliculaire (c'est-à-dire du premier jour des règles jusqu'à l'ovulation) a été fortement associé à des changements dans le fonctionnement normal de reproduction (25, 27). Dans une étude récente, les personnes qui signalaient un stress pré-ovulatoire (pendant la phase folliculaire) étaient moins susceptibles de tomber enceint·e·s que ceux·elles qui ne signalaient pas de stress pendant la même période (27). Cela indique que le stress peut amener l'organisme à retarder ou à interrompre l'ovulation. Cette théorie est soutenue par les recherches axées sur les variations du cycle menstruel.

La durée de la phase lutéale (c'est-à-dire de la période entre la fin de l'ovulation et le début des règles) a tendance à être constante chez les femmes (29), alors que la durée de la phase folliculaire est plus susceptible d'avoir un lien avec une variation de la durée totale de l'ensemble du cycle menstruel (29). La phase folliculaire, par opposition à la phase lutéale, est donc plus susceptible de voir sa durée modifiée. Par conséquent, les effets du stress sur l'ovulation peuvent être l'un des principaux facteurs de changements de la durée du cycle. Cependant, on ne sait pas exactement en quoi ils seraient liés à d'autres changements dans cycle menstruel, comme les menstruations douloureuses.

On ne peut éviter de ressentir un certain niveau de stress dans la vie, mais on peut apprendre à le gérer.

Faire de l'exercice, avoir un sommeil réparateur et une alimentation saine, se confier à ses amis et à sa famille et avoir des activités sociales saines peuvent potentiellement réduire les effets du stress sur votre santé (4-7, 30).

Le stress qui provoque des changements de votre humeur ou de votre sommeil sur le long terme ou qui est source de douleurs physiques chroniques peut avoir de graves conséquences. Si vous éprouvez des niveaux élevés de stress chronique, vous devriez en parler à votre professionnel·le de santé.

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