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Illustration: Marta Pucci

Temps de lecture : 11 min

Pourquoi les femmes et les personnes avec un cycle sont-elles sous-représentées dans la recherche médicale ?

Comment la science médicale peut-elle mieux servir les femmes et les personnes ayant des cycles ?

by Ijeoma Unachukwu, M.S., et Magdalena Geretto, MD, MSc
Relecture médicale par Rachel Mason, MD
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*Traduction: Camille Josse

L'essentiel à savoir :

  • Les femmes et les personnes atteintes de troubles du cycle ont toujours été exclues de la recherche médicale.

  • Cela a compromis la qualité des soins de santé offerts aux femmes et aux personnes ayant un cycle.

  • Des efforts ont été faits pour inclure les femmes et les personnes ayant un cycle dans la recherche médicale, mais en raison de cette sous-représentation historique, nous en savons aujourd'hui beaucoup moins sur la façon dont les maladies affectent les femmes et les personnes ayant un cycle que les hommes.

La sous-représentation des femmes et des personnes qui ont un cycle menstruel, voire leur exclusion des études cliniques et de la recherche conduit à un manque d'informations sur leur santé. Cette exclusion est le résultat de facteurs historiques, culturels et systémiques qui rendent difficile la contribution des femmes aux travaux scientifiques.

Heureusement, les choses sont en train de changer. Au cours des dernières décennies, les mentalités et les exigences par rapport aux différents groupes à inclure dans les études cliniques ont changé en profondeur, ce qui a conduit à des avancées dans la recherche au bénéfice des femmes, des personnes ayant un cycle et d'autres groupes historiquement marginalisés.

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Pourquoi les femmes et les personnes avec un cycle ont-elles été exclues de la recherche médicale ?

La recherche était très peu réglementée pendant la première moitié du 20e siècle. Des années 1940 aux années 1970, la thalidomide et le diéthylstilbestrol ont donc été prescrits aux femmes pour diverses maladies, bien que les effets indésirables de ces médicaments sur les enfants des femmes enceintes n'aient pas été étudiés avant leur autorisation de mise sur le marché (2,3,4). Des milliers de femmes qui ont pris de la thalidomide pendant leur grossesse ont ainsi malheureusement donné naissance à des bébés présentant de graves malformations des membres (4,5). Les pays du monde entier ont donc réagi en réglementant plus strictement les modalités d'étude, d'approbation, de prescription et de commercialisation des médicaments afin de mieux protéger la population (6). Aux États-Unis, une partie de ces réglementations consistait à interdire à toutes les femmes en âge d'avoir des enfants de participer à la grande majorité des études cliniques sur les médicaments en phase initiale (7). Dans les années qui ont suivi, les conclusions des essais cliniques ont donc souvent été établies sur la base de données recueillies surtout auprès d'hommes blancs (8).

Comme les femmes n'étaient pas représentées dans les travaux de recherche médicale les plus importants, la qualité des soins de santé qui leur étaient dispensés en a souffert (6). Il y a eu quelques exceptions, notamment lors des études sur l'efficacité du contrôle hormonal des naissances dans les années 1970 et 1980, dont certaines ont été menées par des femmes scientifiques (7). Cependant, les recherches sur les questions de santé qui touchent tous les sexes, comme l'hypertension et le diabète, ont principalement été menées sur des participants masculins. Les hommes sont donc devenus la « référence » de la recherche médicale pour les scientifiques (8), avec la conviction erronée que le corps des femmes réagirait toujours de la même manière que celui des hommes lors des essais cliniques (5). Certains scientifiques pensaient également que le corps des femmes était trop complexe et trop coûteux à étudier (5). Inclure des femmes dans la recherche signifierait en plus la nécessité de tenir compte des facteurs tels que le cycle menstruel et la possibilité de grossesse. Les scientifiques de l'époque ont plutôt choisi d'ignorer ces différences fondamentales.

L'inquiétude grandissante du public par rapport au manque de connaissances des effets des médicaments sur les femmes et la conviction que les femmes doivent pouvoir choisir elles-mêmes de participer ou non à des travaux de recherche ont encouragé une mobilisation de plus en plus active en faveur d'une recherche inclusive. Aux États-Unis, le Women’s Health Movement a incité les femmes à se mobiliser pour leur santé et a finalement contribué à la création d'un groupe de travail fédéral sur les questions de santé des femmes en 1983, qui a préconisé d'intensifier les recherches dans ce domaine (12). En 1993, les National Institutes of Health ont imposé que toute étude clinique bénéficiant d'un financement fédéral ait l'obligation de prendre en compte les femmes et les minorités (13). Au Canada, les préoccupations concernant le manque de recherche sur le cancer du sein et les cancers gynécologiques ont conduit à la création du « Canadian Guidance Document on the Inclusion of Women in Clinical Trials (14) », qui se prononce en faveur de l'inclusion des femmes à tous les stades de la recherche afin que les scientifiques comprennent l'impact des nouveaux médicaments sur les différents sexes (14).

Au début des années 2010, les femmes représentaient 45 % des sujets dans les essais de nouveaux médicaments en phase intermédiaire et avancée aux États-Unis (15). Cependant, l'inclusion des femmes varie encore considérablement en fonction du domaine de recherche. Les femmes restent sous-représentées dans la recherche sur les maladies cardiaques et le cancer, maladies qui sont les principales causes de décès chez les femmes (16). En Europe, jusqu'aux années 1990, les essais cliniques étaient principalement axés sur les hommes (17). Cependant, les choses ont changé lorsque l'Union européenne a adopté une loi obligeant les chercheurs à identifier les différences entre les hommes et les femmes dans les essais cliniques (18). Plus tard, en 2016, l'Union européenne a introduit un nouveau règlement stipulant que les essais cliniques doivent inclure les populations susceptibles d'utiliser le produit médical testé (19). L'Union européenne n'est pas la seule à se pencher sur la question des préjugés sexistes dans la recherche clinique, des organismes nationaux s'y intéressent également. Le comité d'éthique de l'université médicale de Vienne a publié des lignes directrices qui recommandent que les deux sexes biologiques soient inclus dans la recherche médicale et comportementale (20).

Une étude réalisée en 2019 a révélé que les femmes, et en particulier les femmes enceintes et les personnes âgées, continuent d'être sous-représentées dans les essais cliniques (14). L'inclusion des femmes enceintes et des mères allaitantes dans la recherche clinique a récemment fait l'objet d'un débat (21). De nombreux scientifiques et parties prenantes impliqués dans le processus pensent qu'il est important d'inclure ces groupes pour mieux comprendre leurs besoins, améliorer leurs soins de santé et fournir des thérapies sûres et fondées sur des données probantes (22). Ils estiment que ces groupes ne doivent pas être considérés comme « vulnérables » et automatiquement exclus de la recherche (23). Au contraire, ils doivent être considérés comme « médicalement complexes » et des moyens doivent être explorés pour les impliquer activement dans la recherche médicale (24). En 2016, l'Union européenne a publié des règlements sur l'inclusion des femmes enceintes et des mères allaitantes dans la recherche clinique, qui précisent comment inclure ces groupes dans la recherche tout en garantissant leur sécurité (25).

Il est important de noter que même lorsque des femmes ou des personnes ayant un cycle sont incluses dans des essais cliniques, les chercheurs omettent souvent d'analyser les différences spécifiques au sexe et d'en rendre compte. Cette pratique rend difficile la compréhension de l'influence du sexe sur la santé et la maladie (26). Il est généralement admis que le sexe biologique d'une personne peut influer sur l'efficacité d'un médicament. Les effets secondaires qu'elle subit peuvent également être différents. Ignorer ces différences lors de la recherche médicale ou des essais cliniques peut conduire à des conclusions incorrectes ou incomplètes sur l'efficacité ou la sécurité d'un médicament (27).

Pourquoi est-il important de prendre en compte les femmes et les personnes qui ont un cycle dans la recherche ?

Les femmes et les personnes qui ont des cycles ont été sous-représentées dans la recherche médicale. Nous en savons donc bien moins sur la façon dont les maladies affectent les femmes et les personnes qui ont des cycles que les hommes, ce qui peut avoir de graves conséquences (28).

Ainsi, bien que les maladies cardiaques soient la principale cause de décès chez les hommes comme chez les femmes, la majorité des recherches sur les maladies cardiaques ont été menées sur des hommes (8,29). Les recherches passées ont donc laissé de côté les principales différences entre les sexes en ce qui concerne les maladies cardiaques. Les femmes, par exemple, ont davantage de problèmes cardiaques qu'on ne le pensait et elles en meurent plus fréquemment que les hommes (29,30). La recherche n'a pas non plus pris en compte les signes spécifiques des crises cardiaques chez les femmes : les hommes comme les femmes souffrent de douleurs thoraciques, mais les femmes sont plus nombreuses à mentionner des douleurs irradiant vers le dos, le cou ou la mâchoire, ainsi que des douleurs au bras gauche (31). Le seul fait de ne pas connaître les symptômes d'une crise cardiaque chez les femmes et les personnes qui ont un cycle les expose au risque d'être mal diagnostiquées ou mal soignées.

Un autre domaine d'intérêt est celui des maladies auto-immunes, où les différences biologiques entre les sexes jouent un rôle crucial (32). Le développement des maladies auto-immunes est influencé de manière significative par le sexe biologique. Par conséquent, le sexe devrait toujours être pris en compte dans les études visant à comprendre les maladies auto-immunes (33).

Le sexisme et la discrimination par le genre dans la recherche médicale ont également eu des répercussions sur le développement de médicaments. Pendant des décennies, les recommandations et les normes en matière de soins médicaux n'ont pas fait de différence entre les sexes et n'ont pas pris en compte la manière dont les médicaments affectent les femmes (9,34,35), bien que celles-ci présentent des caractéristiques physiologiques et anatomiques distinctes de celles des hommes, comme des différences de masse corporelle, de fonctionnement des organes et de niveaux hormonaux (36). Un homme et une femme qui reçoivent la même dose d’un médicament peuvent donc avoir des effets différents car leur constitution et le fonctionnement de l'organisme sont eux aussi différents (36,37,38).

Les disparités entre les sexes et les genres dans la recherche conduisent en plus à un manque de données et d'informations sur la santé des femmes. Ce manque de connaissances entraîne de mauvais résultats médicaux et un taux de mortalité plus élevé (39). L'éducation en matière de santé sexuelle et reproductive est aussi particulièrement importante pour améliorer la vie des femmes et des personnes avec un cycle. Nous savons par exemple que l’éducation à la santé reproductive permet de prévenir les IST, les grossesses non désirées et la mortalité maternelle (40,41).

Vers un avenir plus inclusif

La recherche qui intègre les femmes et les personnes atteintes d'un cycle a beaucoup progressé depuis le XXe siècle. Selon les données de la FDA, la représentation des femmes dans les essais cliniques a augmenté au fil des ans (42). Ces chiffres montrent que nous sommes sur la bonne voie en matière d'inclusion. Ce qui doit encore être amélioré, c'est l'inclusion des femmes de couleur et des personnes de couleur en général, car elles restent sous-représentées dans la recherche clinique (28). Ces dernières années, la défense des intérêts des femmes et des personnes atteintes d'un cycle et la recherche dans ce domaine ont connu un regain d'intérêt. Des organisations historiques comme la Women's Health Initiative et le National Women's Health Network continuent de se battre pour que les femmes et les personnes ayant des cycles aient accès aux produits menstruels, au contrôle des naissances, aux dépistages et à l'information en matière de santé.

Clue utilise les données pour faire avancer la recherche sur la santé des femmes. Notre équipe scientifique aide à répondre à des questions telles que : Quel est l'impact de la contraception sur la libido ou la sensibilité des seins ? La pollution de l'air influence-t-elle la variabilité de la durée du cycle ? Quel est l'impact de l'exercice physique et du stress sur les cycles menstruels des adolescentes ? Pour en savoir plus sur les partenariats scientifiques de Clue, cliquez ici. Le travail que nous effectuons avec nos partenaires contribue à combler le fossé entre les sexes en matière de santé et à améliorer les résultats de santé et la qualité de vie des femmes et des personnes ayant un cycle.

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