Illustration: Marta Pucci
Contraception hormonale et caillots sanguins
Choses importantes à savoir :
Les caillots sanguins contribuent au processus de guérison. Les protéines présentes dans votre circulation sanguine s’activent pour former un bouchon temporaire — appelé caillot sanguin ou thrombus — au-dessus d’une blessure ou d’une lésion.
Les caillots sanguins dans les veines et les artères peuvent être dangereux, car ils peuvent bloquer partiellement ou complètement la circulation sanguine.
Parfois, la coagulation se produit dans des zones où elle ne devrait pas, et peut causer des lésions. C'est ce qui se produit dans le cas d'une thrombose veineuse profonde (TVP).
Les personnes qui utilisent des méthodes de contraception hormonales présentent un risque plus élevé de caillots sanguins que celles qui n'en utilisent pas.
Contraception hormonale et caillots sanguins
La contraception hormonale, comme la pilule, augmente votre risque de caillots sanguins. Si vous envisagez d'utiliser une contraception hormonale, il est important de bien comprendre votre risque personnel. Votre risque évolue avec l’âge et l’apparition de certaines pathologies, mais la plupart des personnes en préménopause présentent un faible risque sous-jacent de développer des caillots.
Ce que votre professionnel de santé pourrait vous dire
Les personnes qui utilisent des méthodes de contraception hormonales contenant de l’œstrogène présentent un risque plus élevé de caillots sanguins par rapport à celles qui n’utilisent pas de méthodes hormonales, mais le risque global reste très faible chez la plupart des personnes utilisant ces méthodes. Les types de contraception contenant de l'œstrogène sont appelés contraceptifs hormonaux combinés et comprennent la pilule hormonale combinée, l'anneau et le patch.
Les méthodes de contraception qui ne contiennent que de la progestérone (progestérone synthétique) n'augmentent probablement pas le risque de caillots sanguins, mais cela peut dépendre de la méthode.
Les caillots sanguins sont très rares chez les personnes non enceintes et âgées de moins de 45 ans, même parmi celles qui utilisent des contraceptifs contenant de l’œstrogène. Le risque de caillots sanguins est comparativement très élevé chez les personnes enceintes et celles qui ont récemment accouché. Il est important de mettre en balance le risque de caillots sanguins et d’autres effets secondaires indésirables avec les avantages des contraceptifs contenant de l’œstrogène.

Voici pourquoi c’est délicat
La quantité d’œstrogène et le type de progestatif contenus dans un contraceptif ont probablement une incidence sur le risque de caillots sanguins. Il existe de nombreuses formulations de la pilule hormonale combinée depuis sa mise au point dans les années 1970, et les études menées à différents moments et auprès de populations différentes ont donc abouti à des résultats variés. Elles constatent généralement toutes une augmentation du risque, mais l’ampleur de ce risque diffère d’une étude à l’autre et selon les différents types de pilules.
Le patch, l’anneau et les contraceptifs progestatifs purs, tout comme l’injection contraceptive et le stérilet hormonal, n’ont pas fait l’objet d’autant d’études que la pilule hormonale combinée. On pense que le patch et l’anneau augmentent le risque de caillots, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.
La plupart des méthodes contraceptives progestatives ne sont pas associées à un risque accru de caillots sanguins. L’injection contraceptive,pourrait être associée à un risque accru de caillots sanguins, mais des études supplémentaires sont nécessaires.
Voici ce que révèlent les recherches sur chaque type de contraception
Qu’est-ce qu’un caillot sanguin, au juste ?
Le sang est transporté dans tout le corps par une série de tubes appelés vaisseaux sanguins. Lorsque le sang s'écoule du cœur, ces vaisseaux sont appelés artères ; ils acheminent le sang riche en oxygène des poumons (via le cœur) vers l'ensemble du corps. Une fois que ce sang a atteint sa destination, un échange gazeux a lieu entre les vaisseaux sanguins (appelés capillaires) et les tissus environnants, et le sang désormais désoxygéné retourne au cœur par des vaisseaux appelés veines.
Dans un corps sain, le sang reste à l’intérieur de ce vaste réseau de vaisseaux sanguins et ne circule pas librement sous votre peau. C’est un système très contrôlé. Si une blessure ou une rupture survient au niveau d’un vaisseau sanguin, un système de sécurité est en place pour colmater rapidement et efficacement toute brèche — c’est ce qu’on appelle la coagulation. Pensez à une coupure : vous ne saignez pas indéfiniment. En quelques minutes, le flux sanguin ralentit et s’arrête au niveau de la coupure — grâce à la coagulation. Les protéines présentes dans votre circulation sanguine s’activent pour former un bouchon de fortune — appelé caillot sanguin ou thrombus — au-dessus de la lésion ou de la brèche. Des caillots sanguins peuvent se former aussi bien dans les artères que dans les veines.
Parfois, la coagulation se produit dans des zones où elle ne devrait pas, et peut causer des dommages. Parmi les types de caillots sanguins dangereux, on trouve :
La thrombose veineuse profonde : des caillots qui se forment dans les muscles, souvent au niveau de la jambe
L'embolie pulmonaire : des obstructions dans les artères pulmonaires causées par des caillots, souvent issus d'une thrombose veineuse profonde.
La thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire relèvent toutes deux d’une catégorie de pathologies connues sous le nom de thromboembolie veineuse (1).
Les caillots sanguins qui se déplacent vers le cerveau ou le cœur peuvent provoquer respectivement des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques.
(Si vous souhaitez plus d’informations sur les types de caillots sanguins et leur fréquence, consultez la fin de l’article.)
Contraceptifs oraux combinés (la pilule)
Les contraceptifs oraux combinés (la pilule) contiennent une forme d’œstrogène et une progestérone synthétique (appelée progestatif). Les personnes préménopausées qui prennent la pilule sont plus susceptibles de développer une thromboembolie veineuse que celles qui n’utilisent pas de contraception hormonale (2,3), mais le risque global reste faible.
Les estimations du risque de thromboembolie veineuse varient, mais les chercheurs estiment que les personnes préménopausées âgées de 15 à 44 ans qui prennent la pilule ont 1,5 à 7 fois plus de risques d’en souffrir que celles qui n’utilisent pas de contraception hormonale (2-6). Les personnes qui utilisent la pilule ont également environ 1,3 à 2,5 fois plus de risques de subir un AVC ou une crise cardiaque que celles qui ne l'utilisent pas (7,8). Certaines associations d'œstrogènes et de progestatifs peuvent présenter un risque plus élevé d'AVC ou de crise cardiaque (7,8), mais des études supplémentaires sont nécessaires.
Bien qu’il s’agisse d’une augmentation relative importante, le nombre de personnes concernées reste faible. Par exemple, dans une vaste étude utilisant les registres de santé danois, le taux de thromboembolie veineuse était d’environ 4 pour 10 000 personnes préménopausées âgées de 15 à 44 ans n’utilisant aucune forme de contraception hormonale par an. En comparaison, le taux chez les utilisateur·ices de la pilule du même groupe d’âge était d’environ 4 à 16 pour 10 000 par an (5), selon le type de pilule. La quantité et le type d’hormones contenues dans les pilules présentent un risque plus élevé de caillots sanguins que d’autres. À mesure que la quantité d’œstrogène dans une pilule augmente, le risque de tous les types de caillots sanguins augmente également (3-7).
Le risque de caillots sanguins peut également dépendre du type de progestatif. Les pilules contenant le progestatif lévonorgestrel présentent généralement un risque plus faible de thromboembolie veineuse par rapport aux pilules contenant les progestatifs désogestrel, gestodène, drospirénone ou acétate de cyprotérone (3,6).
Le patch, l’anneau, l’injection, le stérilet et d’autres formes de contraception
Le patch contraceptif et l’anneau vaginal sont des contraceptifs hormonaux combinés, ce qui signifie qu’ils contiennent à la fois de l’œstrogène et un progestatif. À l’instar des pilules hormonales combinées, ces formes de contraception peuvent augmenter le risque de thromboembolie veineuse et, potentiellement, d’accident vasculaire cérébral (7,9). Les risques associés à ces formes de contraception peuvent également être plus élevés que ceux liés aux pilules. Une revue récente de la littérature a révélé que les personnes utilisant le patch ou l’anneau pourraient présenter un risque plus élevé de thromboembolie veineuse par rapport à celles utilisant des pilules hormonales combinées, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cela est avéré (9).
Les contraceptifs progestatifs purs sont des options contraceptives qui ne contiennent que de la progestérone, et donc pas d’œstrogène. Les méthodes progestatives pures comprennent l’injection contraceptive, le stérilet hormonal, l’implant contraceptif et les pilules progestatives pures.
On en sait moins sur le risque de thromboembolie veineuse chez les utilisateur·ices de méthodes progestatives. On estime actuellement que les pilules progestatives, l’implant et le stérilet hormonal n’augmentent généralement pas le risque de caillots sanguins ou d’AVC (5,7,8,10).
Par rapport aux autres formes de contraception progestative, l’injection contraceptive pourrait augmenter le risque de caillots sanguins, en particulier de thromboembolie veineuse ; cependant, seules quelques études ont été menées et tous les résultats ne concordent pas sur cette association (10,11). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces résultats sont avérés ou s’ils sont dus à un autre facteur. Par exemple, il est possible que les personnes à qui l’on déconseille d’utiliser des méthodes hormonales combinées en raison de leur risque accru de caillots sanguins choisissent d’utiliser l’injection (10).
Équilibrer les risques et les avantages de la contraception hormonale
La contraception hormonale présente de nombreux avantages. Pour les personnes ayant des rapports sexuels vaginaux, l’un des avantages les plus importants est qu’elle réduit considérablement le risque de grossesse non désirée par rapport à l’absence totale de contraception.
La grossesse et la période post-partum (c'est-à-dire les 12 semaines suivant l'accouchement) s'accompagnent de nombreux risques, notamment un risque accru de caillots sanguins (12). Par exemple, le risque de thromboembolie veineuse chez les personnes en post-partum est d'environ 40 à 65 cas pour 10 000 personnes en post-partum par an (13). Ce risque est plus de deux fois supérieur à celui observé chez les utilisateur·ices de la pilule.
Certaines personnes présentent un risque accru de caillots sanguins lorsqu’elles utilisent des contraceptifs hormonaux combinés. Les personnes présentant plusieurs facteurs de risque de caillots, d’AVC et/ou de crise cardiaque devraient éviter d’utiliser des contraceptifs hormonaux combinés. Ces facteurs de risque comprennent un accouchement récent, une thrombose veineuse superficielle, l’hypertension, des maladies vasculaires, des migraines avec aura et des antécédents de thrombose veineuse profonde (14,15) . Il est également déconseillé aux personnes âgées de plus de 35 ans et qui fument 15 cigarettes ou plus par jour d’utiliser des contraceptifs hormonaux combinés (14,15). Votre professionnel de santé sera en mesure de vous indiquer si l’utilisation de contraceptifs hormonaux combinés est sans danger pour vous.
Il est important que vous compreniez les risques et les avantages liés à l’utilisation d’une contraception hormonale. Vous pouvez utiliser Clue pour suivre les changements de votre corps lorsque vous utilisez une contraception hormonale, afin de déterminer si les avantages de votre méthode l’emportent sur vos éventuelles inquiétudes. Plus d’informations sur les caillots sanguins Un caillot sanguin peut être superficiel, ce qui signifie qu’il se trouve dans des veines ou des artères proches de la surface de la peau, ou profond, c’est-à-dire qu’il se forme dans les veines et les artères situées dans les muscles (1).
Les caillots sanguins dans les veines et les artères peuvent être dangereux. Ils peuvent bloquer partiellement ou complètement la circulation sanguine. C’est ce qu’on appelle une ischémie. Si un caillot bloque la circulation sanguine vers un organe vital, comme les poumons ou le cœur, cela peut entraîner la mort. Les caillots et les décès dus à des caillots sont très rares chez les personnes de moins de 45 ans.
Caillots veineux profonds et caillots pulmonaires
Lorsque des caillots se forment dans les veines profondes, on parle de thrombose veineuse profonde (TVP). Les TVP se forment souvent dans les jambes, mais elles peuvent également se former dans d’autres parties du corps (1). Toutes les personnes atteintes d’une thrombose veineuse profonde ne présentent pas nécessairement de symptômes, mais le tableau clinique classique se caractérise par une douleur soudaine dans une jambe ou un mollet, une douleur à la marche ou en position debout, un gonflement, une rougeur et une sensation de chaleur dans la zone concernée (1).
Une thrombose veineuse profonde peut causer de graves lésions pulmonaires si un fragment de caillot se détache de cette thrombose et se met à circuler librement dans la circulation sanguine. C'est ce qu'on appelle un thromboembole. Si un thromboembole continue à descendre le long d'une veine, son parcours sera finalement stoppé par les petits vaisseaux sanguins des poumons et il peut bloquer la circulation sanguine vers cette zone. On parle alors d’embolie (obstruction) pulmonaire (au niveau des poumons), qui peut entraîner des symptômes tels que des douleurs thoraciques et des difficultés respiratoires, et peut mettre la vie en danger (1). La thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire relèvent toutes deux d’une catégorie de pathologies appelées thromboembolie veineuse (obstruction par un caillot).
La thromboembolie veineuse et ses complications graves sont très rares chez les personnes préménopausées âgées de 15 à 44 ans (2). On estime qu’environ 4 à 10 personnes sur 10 000 parmi les préménopausées âgées de 15 à 44 ans qui n’utilisent pas de contraception hormonale sont victimes d’une thromboembolie veineuse au cours d’une année (16,17). Le risque augmente avec l’âge (5,16).
Accidents vasculaires cérébraux et crises cardiaques dus à des caillots sanguins
Les caillots sanguins dans le cerveau peuvent provoquer un accident vasculaire cérébral. Les caillots sanguins dans le cœur peuvent provoquer une ischémie myocardique (diminution du flux sanguin), qui peut entraîner une crise cardiaque, également appelée infarctus du myocarde. Les caillots sanguins dans le cerveau et le cœur sont plus rares que les événements thromboemboliques veineux chez les personnes en préménopause. Moins de 5 personnes sur 10 000 en préménopause, âgées de 15 à 44 ans, sont victimes d’un AVC ou d’une crise cardiaque chaque année (7.16).
