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SPM & TDPM

Top 3 des mythes sur le SPM

Symptômes vs. syndrome : démystifier les idées reçues sur l'expérience prémenstruelle

par Lisa Kennelly, Ex tête du marketing chez Clue; Mike LaVigne, Ancien chef de produit; Kayleigh Teel, Collaboratrice; et Erica Avey, Ex écrivain chez Clue
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*Traduction: Sarah Idrissi

Lorsque vous entendez les trois lettres S-P-M, il y a de fortes chances que vous poussiez un juron de cinq lettres. La perception typique est la suivante : si vous souffrez du syndrome prémenstruel (SPM), vous vous transformez en boule de nerfs ballonnée pendant quelques jours chaque mois. Bien que cela puisse être exact pour certaines personnes, l'étendue réelle des expériences prémenstruelles n’est pas représentée - car le SPM ne se résume pas à un ensemble stéréotypé de symptômes indésirables (1).

Le SPM est un fourre-tout de représentations culturelles, où manger un pot de glace en entier et discréditer les femmes dans les lieux de pouvoir se côtoient. On accorde au SPM un poids infondé pour justifier certains comportements et ainsi rendre les gens victimes de leur propre physiologie. En réalité, l'expérience prémenstruelle varie considérablement d'une personne à l'autre, et va d'une ou deux plaintes légères à plusieurs symptômes quasi invalidants.

Clue a créé un outil pour aider les personnes à apprendre à connaître leur corps et à dissiper les mythes et la désinformation sur le cycle menstruel. Le SPM est l'un des concepts qui prêtent le plus aux erreurs d'interprétation.

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Tout d'abord, clarifions ce que nous entendons par "syndrome prémenstruel".

Qu'est réellement le SPM ?

Le syndrome prémenstruel est un ensemble de changements physiques, comportementaux et émotionnels qui surviennent dans la période précédant les menstruations et qui se répètent à chaque cycle menstruel ou presque et affectent la vie normale d'une personne (2). Les critères de diagnostic médical du SPM exigent que les symptômes :

  1. Soient présent au cours des cinq jours précédant les règles pendant au moins trois cycles menstruels

  2. Disparaissent dans les 4 premiers jours des règles

  3. Interfèrent avec une activité normale (2)

Pour établir un diagnostic clinique du syndrome prémenstruel, votre professionnel·le de la santé tiendra compte du nombre, du type et de l'intensité de vos symptômes. Aborder vos symptômes prémenstruels en gardant cela à l'esprit est utile pour évaluer votre propre expérience.

Mythe n°1 : Toutes les femmes et les personnes ayant un cycle ont un syndrome prémenstruel.

Ce mythe vient de l'idée fausse très répandue selon laquelle tout symptôme survenant avant les règles est directement lié au SPM. En réalité, ce n'est pas parce qu'une personne présente certains symptômes prémenstruels qu'elle souffre d'un syndrome prémenstruel.

Le syndrome prémenstruel est le diagnostic médical (CIM-10-N94.3) de symptômes multiples de troubles émotionnels et physiques (3). Bien que certaines personnes ressentent des symptômes prémenstruels d'intensité faible à modérée, s'ils n'ont pas d'effets négatifs importants sur la vie quotidienne, cela n'est pas considéré comme un SPM (d'un point de vue médical) (4).

Les taux déclarés de SPM varient tellement qu'il est presque impossible de dire combien de personnes en souffrent. C'est probablement parce qu’on utilise parfois SPM comme un terme générique pour désigner tout symptôme prémenstruel, et pas seulement le diagnostic du SPM.

De nombreuses personnes qui décrivent leur expérience prémenstruelle par le terme "SPM" font référence à un ensemble de symptômes qui leur sont propres, plutôt qu'à un diagnostic médical. Par exemple, un mal de tête qui survient quelques jours avant les règles peut ne pas avoir d'impact négatif significatif sur le fonctionnement quotidien d'une personne, même s'il est inconfortable. Dans ce cas, le mal de tête est un symptôme prémenstruel modéré.Une expérience récurrente de dépression, d'insomnie et de fatigue extrême, en revanche, peut avoir un impact significatif sur le bien-être d'une personne et donc répondre aux critères du SPM ou même du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) (5).

Fait n° 1 : Faire l'expérience de symptômes prémenstruels ce n'est pas la même chose que le syndrome prémenstruel.

Mythe n°2 : La phase prémenstruelle se caractérise par la mauvaise humeur.

La recherche montre que l'expérience prémenstruelle n'est pas intrinsèquement négative pour tout le monde, malgré ce que la culture, la société et les médias suggèrent. Il est culturellement et socialement plus fréquent de parler en termes négatifs de la phase prémenstruelle, mais cela restreint ce qu'est véritablement l'expérience prémenstruelle, car elle comporte également des facteurs positifs (1).

La recherche actuelle a essentiellement relié les humeurs négatives à des mécanismes biologiques, comme les fluctuations hormonales (1). La plupart des travaux sur les SPM ont conclu à une relation linéaire entre physiologie et comportement, et n'ont pas réussi à refléter l'expérience réelle des SPM dans un contexte socioculturel (6).

Certain·e·s spécialistes ont souligné que de nombreuses études sur le syndrome prémenstruel présentent des erreurs méthodologiques majeures. Il a été rapporté que dans de nombreuses études, les sujets étaient interrogés sur leur humeur, mais que la liste de choix qu’on leur fournissait ne comprenait que des options négatives. Si les scientifiques n'étudient que les humeurs négatives, cela ne reflète pas l'expérience du SPM de manière précise (1).

Sans preuves scientifiques claires, pourquoi l'idée d'une mauvaise humeur prémenstruelle est-elle si répandue ? Cela nous ramène à une perception culturelle de la menstruation. Les personnes qui ont été socialisées pour s'attendre à une expérience prémenstruelle négative sont enclines à rapporter davantage de problèmes, ce qui contribue à une attitude négative face au cycle (1).

Le SPM n'est pas une réalité unique, au contraire, l'expérience de chaque personne est filtrée par les croyances sociales et culturelles qui influencent la façon dont elle traite les symptômes.

Fait n° 2 : L'expérience prémenstruelle ne rime pas avec mauvaise humeur pour tout le monde.

Mythe n°3 : La mauvaise humeur dans la phase prémenstruelle peut être exclusivement attribuée aux fluctuations hormonales.

Les hormones jouent un rôle majeur dans le cycle menstruel d'un individu (7), mais ne sont pas la seule raison des mauvaises humeurs prémenstruelles. La santé mentale et physique globale a un impact plus important sur l'humeur que la phase du cycle menstruel.

Les membres d'une étude récente (7) ont fait le suivi quotidien de leur humeur et leur état de santé pendant six mois afin de tester un fait communément admis par la recherche, à savoir que la phase prémenstruelle est la source des états dépressifs, de l'irritabilité et des sautes d'humeur (8-11). L'étude a permis de relever les humeurs positives et négatives, de recueillir des données sur chaque phase du cycle (pas seulement prémenstruelle) et de suivre plusieurs cycles menstruels consécutifs.

La conclusion a été surprenante ; les données ne confirment pas l'idée d'une humeur négative prévalant dans la phase prémenstruelle. Le soutien social, la santé physique et le stress ressenti sont des facteurs de prédiction de l'humeur quotidienne plus significatifs que la phase du cycle menstruel. (12)

Néanmoins, il est possible que les hormones soient la cause du syndrome prémenstruel chez certaines personnes. Des niveaux plus faibles d'oestradiol dans la phase prémenstruelle peuvent entraîner une baisse du taux de sérotonine et un fléchissement de l'humeur (13).

Fait n° 3 : La santé physique et émotionnelle a un impact plus important sur votre humeur quotidienne que votre cycle menstruel.

Qu'est-ce que le TDPM ?

Le trouble dysphorique prémenstruel, ou TDPM, est une dénomination plus récente dans le lexique médical. Le TDPM, comme le SPM, est une étiquette diagnostique donnée lorsque l'expérience des symptômes prémenstruels est très sévère, mais il est considéré comme un diagnostic psychiatrique plutôt que gynécologique. Un diagnostic de TDMP nécessite au moins cinq symptômes pendant la phase lutéale, qui sont présents 5 à 7 jours avant la menstruation et s'améliorent dans les quatre jours suivant la menstruation (14). Notez que l'existence du TDPM est controversée. Certains scientifiques affirment que la classification du SPM grave comme trouble psychiatrique est un dangereux précédent, et que le TDPM a été créé pour justifier un nouveau marché pharmaceutique et représentatif de la sur-médicalisation de la santé reproductive des femmes (15). Quel que soit le nom que l'on donne à cette forme extrême de syndrome prémenstruel, des études estiment sa prévalence à 2-8% (14).

Que signifie le SPM pour vous ?

Le vrai SPM correspond à un diagnostic médical établi par un·e professionnel·le de santé après avoir pris en compte le nombre, le type et la gravité des symptômes prémenstruels d'une personne. Pour engager le dialogue sur le SPM avec un·e médecin, il peut être intéressant d'enregistrer et de rapporter les caractéristiques de ses symptômes prémenstruels. Noter attentivement votre cycle dans l'application Clue peut vous aider à mesurer comment vous vous sentez chaque jour, tant émotionnellement que physiquement, et à déterminer la tendance de vos symptômes prémenstruels.

Le suivi des symptômes est un outil précieux, même si vous ne ressentez pas le besoin de consulter votre professionnel·le de santé dans le cadre d'un SPM. Vous familiariser avec votre tendance en matière de symptômes prémenstruels peut être utile pour savoir où vous en êtes dans votre cycle, en prévenir les effets désagréables et identifier les éléments déclencheurs qui exacerbent les symptômes ou opter pour des stratégies de soulagement.

Lorsque vous suivez vos symptômes, n'oubliez pas :

  • De saisir les données chaque jour au fur et à mesure que vous les ressentez. (Plutôt que de vous rappeler votre ressenti d'il y a plusieurs jours, ce qui peut être moins précis).

  • De faire le suivi de plusieurs cycles menstruels complets (pas juste un seul). Cela permettra de rendre compte des variations d'un cycle à l'autre.

  • De suivre les données de chaque phase du cycle, et pas seulement de la phase prémenstruelle. Si vous ne collectez les données que d'une seule phase, il ne sera pas possible de comparer et de conclure qu'une phase est différente d'une autre.

  • D'enregistrer les symptômes positifs aussi bien que les négatifs.

De préciser votre contexte de vie. Prenez des notes sur le stress, les problèmes de peau, l'alimentation, les relations et d'autres facteurs importants, car votre cycle n'est qu'un des nombreux éléments qui peuvent avoir une incidence sur vous et votre bien-être (12).

Comment savoir si vous souffrez d'un SPM

Une fois que vous avez observé plusieurs cycles de données, il est temps de les évaluer. Voici la marche à suivre :

  • Visualisez votre phase prémenstruelle : Comptez 14 jours avant le début de chaques règles. Cette période, qui va de l'ovulation au début des règles, correspond à peu près à votre phase lutéale. Clue identifiera cette phase pour vous.

  • Cherchez des tendances : certains symptômes apparaissent-ils régulièrement pendant la phase prémenstruelle ? Ou s’étalent-ils sur tout votre cycle ? Vous apprendrez peut-être avec surprise que la constipation ou les sautes d'humeur que vous pensiez associées à la phase prémenstruelle se produisent en fait tout au long de votre cycle.

  • Evaluez la sévérité : certains symptômes sont-ils assez intenses pour avoir une forme d'impact sur votre vie ? Des absences au travail ou à l'école peuvent indiquer un cas de syndrome prémenstruel modéré ou grave.

Le suivi de vos symptômes prémenstruels avec Clue peut vous aider à avoir une vue d'ensemble sur le déroulement de votre cycle. Le fait de disposer de ces informations précieuses au même endroit peut vous permettre de prendre des décisions en matière de santé. Si vous vous inquiétez de l'impact que pourrait avoir le SPM sur vous et de ce que vous pouvez faire pour y remédier, parlez-en à votre professionnel·le de santé.

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