Femme vêtue de façon décontractée assise sur une chaise avec les mains jointes

Photo: Susi Vetter

Avortement

À quoi s’attendre avant, pendant et après un avortement

Si vous avez accès à l'avortement légal, voici à quoi vous attendre.

*Traduction: Caroline Bocquet

L’avortement est une expérience courante. On estime qu’une grossesse sur quatre se termine par un avortement dans le monde (1). Aux États-Unis, c’est le cas pour environ une grossesse sur cinq (2). Pour ce qui est des grossesses non prévues, deux sur cinq se terminent par un avortement (2). Environ une Américaine sur quatre aura subi un avortement à l’âge de 45 ans (2).

La plupart des avortements ont lieu durant les huit premières semaines de grossesse, et presque tous (9 sur 10) sont effectués durant le premier trimestre, c’est-à-dire au cours des douze premières semaines (3). L’avortement légal est un moyen efficace et sans danger de mettre fin à une grossesse (4,5).

Il est utile de savoir à quoi s’attendre avant, pendant et après un avortement

Le suivi de vos règles peut vous aider à garder une trace des événements pour vous et votre professionnel·le de santé et peut vous apporter une sensation de contrôle pendant une expérience qui, si elle ne vous est pas familière, reste courante.

En faisant vos recherches sur l’avortement, il est important de consulter des sources d’information fiables. Selon une étude menée en 2010, 35 % des sites internet, même ceux consacrés à la santé sexuelle, contenaient des renseignements erronés, surtout concernant l’avortement au cours du premier trimestre de grossesse. De plus, certaines sources cherchent délibérément à tromper leur public (6).

Peut-être avez-vous entendu le terme « interruption volontaire de grossesse » pour parler d’un avortement. Il le différencie de la fausse-couche, que l’on appelle parfois « avortement spontané ».

L’accès à l’avortement est limité ou menacé dans de nombreuses régions du monde. Pourtant, les lois restrictives sur l’avortement ne sont pas associées à des taux d’avortement plus faibles. Dans les pays les plus stricts en la matière, les avortements sont menés de manière illégale, dangereuse et non réglementée, au prix de conséquences parfois terribles. Cette carte fait état de l'avortement dans le monde. Cet article décrit le déroulement d’une interruption volontaire de grossesse dans les pays où son accès est un droit garanti et intégré au système des services de santé.

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Avant un avortement

L’absence des règles et les tests de grossesse

Si vos règles sont généralement régulières, vous pourriez soupçonner une grossesse dès lors qu’elles n’arrivent pas au moment attendu. Les tests de grossesse fonctionnent en détectant une hormone sécréteé par l’utérus après le début de la grossesse (appelée hormone chorionique gonadotrope, GCG). Il peut falloir plusieurs jours après l’absence des règles pour qu’un test à réaliser à domicile détecte la grossesse, en fonction du moment où vous avez ovulé. Dans la plupart des cas, un test sera positif au cours des sept premiers jours après l’absence des règles (7).

Si vos règles sont souvent irrégulières, ou si votre ovulation a tardé, un test de grossesse peut mettre plus de temps avant d’être positif. En effet, il peut falloir entre deux et trois semaines après l’ovulation pour que le corps produise une quantité de HCG suffisante pour être détectée par le test de grossesse (7,8).

Premiers symptômes d’une grossesse

Ce sont les changements hormonaux qui provoquent les premiers symptômes de la grossesse. Environ 6 personnes sur 10 remarqueront de nouveaux symptômes entre une à deux semaines après l’aménorrhée, et 9 sur 10 les remarqueront au cours du premier mois (9). Les premiers symptômes de grossesse les plus courants sont des nausées, une grosse fatigue, une poitrine douloureuse, des changements d’appétits et une augmentation de la miction (besoin d’uriner plus fréquent) (10).

Spotting : de légers saignements peuvent également survenir au début de la grossesse. Environ 1 personne sur 10 en fait l’expérience durant les 8 premières semaines de grossesse (11). Ils peuvent être trompeurs, car il est possible de prendre le spotting de grossesse pour ses règles. Dans la plupart des cas toutefois, il est si léger que la personne ne le remarque qu’en s’essuyant avec du papier toilette. Pour moins de 2 personnes sur 10, il peut être plus abondant, mais jamais autant qu’un écoulement menstruel (11).

Si vous avez vos règles depuis quelque temps et qu’elles sont globalement identiques à chaque cycle, vous devriez remarquer la différence entre le spotting de grossesse et le flux menstruel. Des saignements plus abondants peuvent également survenir, mais ils indiquent généralement une fausse-couche. Il n’est pas rare qu’une fausse-couche précoce ressemble à des règles abondantes, retardées et/ou en dehors de la période habituelle (11,12).

Options : quels sont les différents types d’avortement ?

Certaines cliniques vous donneront l’option de choisir entre un avortement médicamenteux (par « pilule abortive ») ou un avortement instrumental (chirurgical, par aspiration, réalisé dans un établissement de santé). Votre choix peut dépendre de la date à laquelle votre grossesse a commencé, du temps que chaque méthode prend ou si vous préférez réaliser l’IVG chez vous ou en clinique. Les recommandations et les procédures varient également selon les pays.

L’avortement médicamenteux (la « pilule abortive »)

Un avortement médicamenteux est une IVG réalisée au moyen d’un comprimé que vous avalez ou qui est inséré dans col de l’utérus via le vagin. Ce type d’avortement peut être réalisé dès que la grossesse débute, et il est en général possible jusqu’aux 10 à 12 premières semaines de grossesse, parfois plus tard, en fonction de l’endroit où vous vivez.

En général, vous devez prendre un comprimé à l’hôpital, puis rentrer chez vous et prendre le deuxième plus tard. Dans certains pays, vous avez le choix (ou l’obligation) de prendre le deuxième médicament à la clinique également, bien que la plupart des personnes indiquent préférer le faire à la maison (13). Après avoir pris le deuxième comprimé, vous ressentirez des crampes dans l’utérus, puis il saignera et se videra dans les heures qui suivent. C’est similaire à ce qui se passe lors d’une fausse-couche.

Les douleurs, les crampes et les saignements peuvent être intenses et dépendent de la durée de la grossesse (14). Une visite de contrôle est généralement prescrite une semaine ou deux plus tard.

Les avortements médicamenteux réalisés au cours du premier trimestre de grossesse sont très efficaces et sans danger. Plus de 95 % des personnes y ayant eu recours n’ont pas eu besoin de traitement supplémentaire (15,16). Dans un nombre réduit de cas, la pilule ne marche pas complètement. Un autre comprimé ou un avortement instrumental est alors prescrit. Les complications plus graves sont très rares : elles comptent pour moins de 0,4 % des cas aux États-Unis (4,16, 17).

Dans certains pays, le deuxième comprimé doit être pris en clinique également. Le Royaume-Uni a récemment changé son protocole : les patient·e·s sont autorisé·e·s à prendre le deuxième comprimé à la maison depuis 2018.

  • Avantages : une IVG médicamenteuse peut être réalisée dès que vous apprenez la grossesse. Aucune anesthésie ni piqûre n’est impliquée et vous gardez un certain contrôle quant au moment de la prise du second médicament. L’avortement peut sembler plus naturel, comparable à une fausse-couche. Vous pouvez avoir l’option de le réaliser chez vous (ou où que vous soyez le plus à l’aise) et ce procédé s'adapte mieux à vos besoins particuliers. Vous pouvez choisir de le faire seul·e ou accompagné·e. Vous avez plus de ressources et de temps pour comprendre la procédure (ce qui peut être perçu comme un inconvénient pour d’autres).

  • Inconvénients : il faut deux jours pour finaliser l’IVG. Les saignements peuvent être assez abondants et les crampes douloureuses et durent plus longtemps que dans le cas d’un avortement instrumental. À la maison, on peut se demander si les symptômes ressentis sont normaux, ce qui peut être plus stressant. L’avortement médicamenteux n’est généralement pas possible aussi longtemps que d’autres méthodes.

L’avortement instrumental (ou avortement chirurgical, par aspiration, en établissement de santé)

Une IVG instrumentale est une procédure qui vise à évacuer le contenu utérin. Elle se fait en clinique ou à l’hôpital. L’avortement instrumental est généralement possible jusqu’à environ la 16e semaine de grossesse (certaines cliniques ne la proposent pas après la 12e semaine, il est donc important de vérifier). Après cette période, la procédure et la possibilité de la réaliser changent. Dans certaines cliniques, l’avortement instrumental peut être réalisé dès que la personne découvre qu’elle est enceinte. D’autres ne proposent ce genre d’IVG qu’à partir de la 5e ou 6e semaine après le premier jour des dernières règles.

Un médicament à prendre une heure ou deux avant l’intervention vous sera certainement prescrit. Puis, un anesthésiant vous sera proposé pour atténuer les douleurs et/ou vous endormir partiellement ou complètement. Ensuite, un professionnel·le de santé insèrera un instrument dans votre vagin, qui passera dans le col de l’utérus pour atteindre l’utérus. Le contenu de l’utérus est alors aspiré. L’intervention dure environ 5 à 10 minutes (18,19). Une fois qu’elle sera terminée, vous devrez vous reposer environ une demi-heure à la clinique avant de pouvoir rentrer chez vous.

Durant le premier trimestre, l'avortement instrumental est extrêmement efficace et sans danger : tout se passe très bien dès la première fois dans 99 % des cas (4). Dans de rares cas, une visite de contrôle est nécessaire. Les complications plus graves sont très rares : elles comptent pour moins de 0,2 % des cas aux États-Unis (4,20).

  • Avantages : L'intervention ne dure que quelques minutes. L'inconfort est de courte durée et plus facile à gérer grâce à l'anesthésie. Ce type d'IVG provoque moins de saignements qu'un avortement médicamenteux. Vous êtes accompagné·e par les membres de l'équipe médicale et vous pourriez n'avoir besoin que d'un seul rendez-vous en établissement de santé. Elle peut être réalisée à un stade plus avancé de la grossesse que l'IVG médicamenteuse. Elle est légèrement plus efficace que l'avortement médicamenteux.

  • Inconvénients : L'IVG instrumentale est plus invasive : des instruments sont introduits dans le vagin pour dilater le col de l'utérus et atteindre l'utérus. L'anesthésie et les antidouleurs peuvent provoquer des effets secondaires. Vos décisions sont limitées quant au déroulement de la procédure, à l'endroit où elle a lieu, à la position de votre corps et parfois et à la personne qui vous accompagne au bloc opératoire. Le canal d'aspiration peut être bruyant. Certaines cliniques ne proposent pas ce service de santé à un stade précoce de la grossesse, contrairement à l'IVG médicamenteuse.

Pendant l'avortement : à quoi s'attendre

Lors d'une consultation pour une intervention volontaire de grossesse, la clinique peut vous demander de parler de votre décision avec un·e conseiller·ère ou un·e membre de l'équipe de santé. Cette personne doit répondre à toute question que vous vous posez et vous donner des informations sur les différentes méthodes contraceptives. Elle s'assurera aussi que votre décision relève d'un choix éclairé et qu'elle n'a pas été influencée ou forcée par quelqu'un d'autre.

Un·e professionnel·le de santé procédera à un examen physique et à quelques tests, dont parfois un bilan sanguin. Iel pourrait réaliser une échographie pour confirmer le stade de la grossesse et vous proposer différentes options. Iel devra vous donner des instructions écrites concernant les médicaments à prendre, qui contacter en cas de questions une fois à la maison et ce qui se passera avant et après l'avortement.

Vous pouvez aussi vous préparer à l'IVG en prenant certains objets avec vous, comme une bouteille d'eau chaude ou des serviettes hygiéniques ou en demandant à un·e ami·e de vous faire un massage. Dans le cas d'une IVG en clinique, vous devrez aussi vous organiser pour que quelqu'un vous raccompagne chez vous après l'intervention.

À quoi s'attendre pendant un avortement médicamenteux

Si vous avez choisi de recourir à une IVG médicamenteuse, on vous donnera probablement un médicament à prendre dans l'établissement de santé et un autre à prendre à la maison. Certaines cliniques vous demanderont de revenir pour une deuxième consultation pour prendre les médicaments.

Le premier comprimé à prendre est appelé le mifépristone. Un embryon a besoin de progestérone pour rester attaché à la paroi utérine et se développer. Le mifépristone inhibe l'action de la progestérone sécrétée par l'organisme. Une fois chez vous, vous devrez prendre un deuxième médicament et, dans certains cas, prendre rendez-vous pour une visite de contrôle une semaine ou deux après l'avortement.

À la maison (ou lors de votre deuxième consultation), vous prendrez un médicament appelé le misoprostol. Il est fortement recommandé d'attendre un à deux jours avant de le prendre (22). Le meilleur moment de la prise de ce médicament peut dépendre de plusieurs facteurs qui seront abordés par votre professionnel·le de santé (21,22).

Le misoprostol provoque des contractions de l'utérus et l'évacuation de sa muqueuse interne et de son contenu. Ce médicament est un type de prostaglandine, une substance similaire à celle qui provoque les douleurs menstruelles (et les symptômes associés). Vous devrez aussi certainement prendre un antalgique (acétaminophène ou ibuprofène) ou un médicament contre les nausées environ une demi-heure avant de prendre le misoprostol. Ne prenez pas d'aspirine ou d'antalgique susceptible d'intensifier les saignements (19,23).

Symptômes — les premiers jours :

  • Des saignements et des douleurs après la prise du premier médicament, le mifépristone, bien que cela reste rare

  • Des saignements qui débutent 1 à 4 heures après la prise du second médicament, le misoprostol. Certaines personnes déclarent trouver stressant d'attendre que les saignements commencent et craignent que les médicaments ne fassent pas effet.

  • Des saignements abondants contenant des caillots et des tissus sanguins pendant plusieurs heures, environ 4 à 5 heures, bien que la durée soit variable. Les caillots peuvent être gros et les saignements abondants, ce qui peut impressionner.

  • Des contractions pendant plusieurs heures. Elles peuvent être très intenses ou varier du supportable au douloureux.

  • Une faible fièvre et des frissons pendant mois d'une journée après la prise du second médicament, le misoprostol (environ 1 personne sur 3 en font l'expérience), ainsi que des nausées, des vomissements, des vertiges, des diarrhées et de la fatigue (13, 14, 23, 26).

Les symptômes — les semaines suivantes :

  • Des saignements moins abondants peuvent se poursuivre pendant 1 à 2 jours, et continuer à s'atténuent pendant les 2 à 3 semaines suivantes. De légères contractions peuvent persister pendant 2 à 3 semaines.

  • Le spotting peut continuer jusqu'à vos règles suivantes. Selon une étude basée sur les suivis de saignements des personnes, des saignements légers/du spotting se poursuivent pendant environ 24 jours en moyenne. Pour 1 personne sur 5, ils ont duré plus de 35 jours.

  • Des variations d'énergie, d'humeur, d'appétit ainsi que d'autres symptômes de grossesse, dans la mesure où les taux d'hormones se rééquilibrent. Dans la plupart des cas, les symptômes de grossesse disparaissent en 1 à 2 semaines, mais ils peuvent persister jusqu'à un mois. (13,14,23-26)

Des inquiétudes ?

Les saignements abondants peuvent impressionner, mais ils sont souvent normaux. Si vous imbibez moins de deux serviettes hygiéniques par heure ou toutes les deux heures, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si vous saignez cette quantité ou plus, vous pouvez consulter votre professionnel·le de santé (19,24).

Lors de votre visite de contrôle, votre professionnel·le de santé procédera à un test sanguin ou à une échographie pour s'assurer que l'avortement a été mené à bien.

À quoi s'attendre pendant un avortement instrumental

Certaines cliniques réaliseront toute l'intervention en une seule consultation. D'autres vous demanderont d'abord d'effectuer un bilan de santé et de prendre un médicament pour faciliter la dilatation du col de l'utérus, avant de revenir quelques heures plus tard ou le jour suivant pour l'intervention. Avant l'intervention, on vous prescrira certainement des antidouleurs et des antibiotiques (14,20).

Vous pourriez choisir d'être entièrement éveillé·e, tranquilisé·e ou endormi·e pendant l'intervention. Une anesthésie locale est une injection dans le col de l'utérus qui permet d'inhiber la douleur tout en vous maintenant éveillé·e et conscient·e pendant l'intervention. Elle peut être combinée à des sédatifs qui vous apaiseront mais vous maintiendront dans un état de conscience. Une anesthésie générale vous endort complètement. Parlez-en à votre professionnel·le de santé avant l'intervention afin de bien connaître les options qui s'offrent à vous et ce qu'elles impliquent.

Pendant la procédure, votre professionnel·le de santé examinera votre abdomen. Si vous choisissez la sédation, ce médicament vous sera injecté via un petit tube (IV), placé dans le bras ou au dos de la main. Ensuite, un spéculum est introduit dans le vagin pour l'ouvrir légèrement avant d'atteindre plus facilement le col de l'utérus (comme dans le cas d'un frottis). Un médicament anesthésiant est ensuite injecté dans le col de l'utérus. Si vous n'avez pas reçu de pré-traitement pour votre col de l'utérus, votre professionnel•le de santé le fera à ce moment-là, en vous insérant de petits outils de différentes tailles dans le vagin pour permettre la dilatation du col de l'utérus. Iel introduira ensuite un long et fin canal dans le col jusqu'à l'utérus et utilisera un dispositif manuel de succion ou un appareil de succion pour aspirer la muqueuse interne de l'utérus, celle qui desquame lors de vos règles, ainsi que l'embryon. Ensuite vous serez placé·e dans une autre salle pour vous reposer pendant environ une demi-heure avant de pouvoir rentrer chez vous (23,24,27,28).

Symptômes :

  • Inconfort, douleurs, pincements et pressions pendant l'intervention

  • Somnolence en cas de prise de sédatifs

  • Légers saignements avec de petites quantités de tissus immédiatement ou quelques jours après l'intervention, pouvant durer plusieurs jours ou semaines (généralement environ 2 semaines) et qui s'atténuent au fil du temps

  • Légères contractions pendant 2 à 4 jours (19,23,26,28)

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Après un avortement : ce qui est important

Si vous le pouvez, reposez-vous pendant un jour ou deux après votre avortement. Vos hormones doivent retrouver leur équilibre et vous pourriez ressentir des douleurs et de la fatigue et avoir besoin de repos.

Il est important d'éviter d'introduire quoi que ce soit dans le vagin pendant 2 à 3 semaines après l'IVG, y compris des tampons, des pénis, des sex-toys, etc. L'objectif est d'éviter toute infection éventuelle, car le col de l'utérus pourrait toujours être légèrement ouvert (28).

Après un avortement médicamenteux

Une visite de contrôle est parfois recommandée pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue. Lors de ce rendez-vous, votre professionnel·le de santé pourrait procéder à un rapide examen, à un bilan sanguin et/ou à une échographie. Iel vous posera également quelques questions concernant votre expérience. Dans le cas peu probable où la grossesse n'a pas été interrompue, iel pour proposera un traitement ou une intervention supplémentaire.

Après un avortement instrumental

Une visite de contrôle n'est généralement pas nécessaire après une IVG instrumentale, à moins vous n'ayez souffert de complications.

L'avortement et les règles

Il faut environ 4 à 6 semaines pour que les règles normales reviennent après un avortement précoce (29,30).

L'ovulation peut avoir lieu dès le premier cycle après l'intervention, il est donc possible de retomber enceint·e, avant même le retour de vos règles (30).

Si vos premiers cycles et menstruations sont légèrement irréguliers après l'avortement, c'est tout à fait normal (29,31). Il peut être utile de suivre et d'enregistrer les informations relatives aux saignements provoqués par l'avortement et les symptômes comme les douleurs à la poitrine, les crampes et les nausées. Si vous suivez vos saignements post-avortement sur Clue, vous pouvez supprimer ce cycle de votre historique d'analyses afin qu'il n'influence pas vos prévisions.

Est-ce que tout va bien ? Les complications possibles

Il est normal de se demander si tout va bien pendant ou après un avortement (13). Dans la plupart de cas, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Voici ce qui devrait pour alerter après l'intervention :

Les symptômes signalant une complication éventuelle :

  • Une fièvre durant plus de 24 heures

  • Des saignements abondants et ininterrompus ou qui imbibent plus de 2 serviettes hygiéniques par heure ou toutes les deux heures

  • L'intensification des douleurs pelviennes les jours suivant l'avortement

  • Des symptômes de grossesse persistants après 2 à 4 semaines

  • Vos règles ne reviennent pas dans les 8 semaines suivant l'intervention

  • Des sécrétions vaginales malodorantes

  • Peu ou pas de saignements durant l'IVG médicamenteuse, associés à des symptômes de grossesse persistants ensuite (23,29,32,33)

Si vous ressentez l'un de ces symptômes, contactez votre professionnel·le de santé. Ils peuvent indiquer que l'avortement n'a pas abouti et qu'un traitement supplémentaire est nécessaire, ou être le signal d'une infection. Des infections peuvent survenir si tous les tissus n'ont pas été expulsés pendant l'avortement.

Des douleurs sévères, avec ou sans saignements, peuvent être le signe d'une grossesse extra-utérine (une grossesse qui se développe en dehors de l'utérus, généralement dans les trompes de Fallope). Une interruption volontaire de grossesse n'est pas un traitement pour une grossesse extra-utérine et ne l'interrompt donc pas. Une grossesse extra-utérine doit être soignée en urgence (23).

Émotions et avortement

La décision d'interrompre une grossesse n'est pas toujours facile. Pour certaines personnes, c'est un moment stressant, pour d'autres c'est plus évident. Chaque personne et chaque situation sont différentes. Un avortement peut avoir lieu, que la grossesse soit désirée ou non, pour de multiples raisons. En parler avec des ami·e·s, des membres de votre famille, ou votre partenaire peut être d'une grande aide. Mais pour d'autres, c'est encore plus stressant.

Une large enquête menée aux États-Unis a dévoilé que 3 personnes sur 4 ressentaient des émotions positives, comme le soulagement, la semaine qui suivait l'avortement. Pour 1 personne sur 4, des émotions difficiles dominaient pendant cette période (34). Les personnes vivant dans des communautés où l'avortement est stigmatisé ainsi que celles qui ne bénéficient pas d'un bon soutien social sont plus susceptibles de ressentir ces émotions négatives. Ces ressentis, positifs ou négatifs, s'estompent avec le temps. Dans l'ensemble, 99 % des personnes interrogées déclarent avoir pris la bonne décision dans les trois ans qui suivent leur avortement (34).

Quels que soient vos ressentis lorsque vous avez recours à l'avortement, rappelez-vous que vous n'êtes pas seul·e.

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